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title:“Liste des Membres et officiers du Congrés”
authors:Anonymous
date written:1787

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http://consource.org/document/liste-des-membres-et-officiers-du-congres-1787/20130122080852/
last updated:Jan. 22, 2013, 8:08 a.m. UTC
retrieved:Nov. 23, 2017, 10:07 p.m. UTC

transcription
citation:
"Liste des Membres et officiers du Congrés." The Records of the Federal Convention of 1787. Vol. 3. Ed. Max Farrand. New Haven: Yale University Press, 1911. Print.

Liste des Membres et officiers du Congrés (1787)

Although this document strictly does not belong to the records of the Federal Convention, it contains such interesting characterizations of so many of the delegates to that body, that it has seemed worth while to print it.
Avec des nottes sur les personnages les plus intéressans des différens Etats.
New Hampshire.
Nich. Gillman. . . . Jeune homme à prétentions; peu aimé par ses collègues; on l'appelle par dérision le Congrès. Il a cependant l'avantage d'avoir représenté son Etat dans la grande Convention de Philadelphie et d'avoir signé la nouvelle Constitution. Cette circonstance prouve qu'il n'y a pas un grand choix à faire dans cet Etat, on que du moins les hommes les plus sensés et les plus habiles ne sont pas assés riches pour accepter une place publique. M. G. a servi pendant la guerre comme aide de camp. . . .
John Langdon. Un des hommes les plus intéressans et les plus aimables des Etats Unis; ci devant gouverneur du New Hampshire et à la tête d'un parti très puissant, qui se trouve en opposition avec le Gal. Sullivan.1 M. L. a fait une grande fortune dans le commerce, c'est le Rob. Morris de son Etat, faisant une grande dépense et s'attachant beaucoup de citoyens par ses libéralités. Il a été un des principaux membres de la convention de Philadelphie, mais il n'a siégé en Congrès que peu de jours, et quoique ses collègues lui ayent offert la présidence, il n'a pas voulu y rester, parce qu'il avoit en vue de se faire reélire Gouverneur dans le New Hampshire, et que ses affaires de commerce ne lui permettent pas de faire une longue absence. Il est sincèrement attaché à la France et même prévenu pour nos usages et nos manières. Pour répandre le goût de nos meubles, il en a fair venir de très beaux de Paris. On prétend qu'il est jaloux de sa femme, chose assés rare en Amérique. Plusieurs officiers françois ont vu avec chagrin que cette jalousie n'étoit guères fondée.
Massachusetts.
[Elbridge Gerry.] . . . En Congrès, il [Nathan Dane] a toujours fait cause commune avec M. Gerry2 , qui ne nous aime pas, et qui s'est principalement opposé a la ratification de notre Convention consulaire. Il a plus de talens que M. Gerry et moins de duplicité.
Connecticut.
[Oliver Ellsworth] . . . M. Ellsworth, ci devant membre du Congrès, est un homme absolument de la même tournure et des mêmes dispositions.3 On peut en dire autant de M. Sherman. — Les gens de cet Etat ont, en général, un caractère national qu'on ne trouve guères dans les autres parties de continent. Ils se raprochent plus de la simplicité républicaine; ils sont tous à leur aise sans connoître l'opulence. L'économie rurale et l'industrie domestiques sont poussées très loin dans le Connecticut; le peuple y est heureux.
New York.
Alex. Hamilton. . . . Grand orateur; intrépide dans les débats publics. Partisan zélé et même outré de la nouvelle Constitution et ennemi déclare du gouv. Clinton, qu'il a eu le courage d'attaquer publiquement dans les Gazettes, sans aucune provocation. Cest un de ces hommes rares qui s'est distingué également au champ de bataille et au barreau. Il doit tout à ses talens. Une indiscrétion l'a brouillé avec le gal. Washington, dont il était le secrétaire de confiance; d'autres indiscrétions l'ont obligé de quitter le Congrès en 1783. Il a un peu trop de prètentions et trop peu de prudence.
Voici ce que M. le chev[alier] de L[a] L[uzerne] dit de lui en 1780: "M. H[amilton], un des aides de camp du Gal. Wash[ington] a le plus d'ascendant sur lui; homme d'esprit, d'une médiocre probité; éloigné des Anglais parce qu'étant d'une très basse extraction dans une de leurs colonies, il craint de rentrer dans son ancien Etat. Ami particulier de M. de La Fayette. M. Conway pense qu' Hamilton haît les François, qu'il est absolument corrompu et que les liaisons qu'il paroitra avoir avec nous ne seront jamais que trompeuses."
M. Hamilton n'a rien fait qui puisse justifier cette dernière opinion; il est seulement trop impétueux, et à force de vouloir tout conduire, il manque son but. Son éloquence est souvent hors de saison dans les débats publics, ou l'on préfère la précision et la clarté à une imagination brillante. On croit que M. H[amilton] est l'auteur de pamphlet intitulé le Fédéraliste. Il y a encore manqué son but. Cet ouvrage n'est d'aucune utilité aux gens instruits, et il est trop savant et trop long pour les ignorans. Il lui a cependant donné une grande célébrité, et l'on a nommé le Hamilton une petite frégatte que, dans la grande procession fédérale on a trainé par les rues de New York. Mais ces parades ne sont ici comme ailleurs qu'une impression nomentanée et comme le parti des Antifédéralistes est le plus nombreux dans l'Etat, M. Hamilton a plutôt perdu que gagné par le zèle qu'il a déploye à cette occasion.
Etranger dans cet Etat, où il a été élevé par charité, M. Hamilton a trouvé moyen d'enlever la fille du Gal. Schuyler4 , grand propriétaire et tres influent. Après s'être réconcilié avec la famille, il jouit dans ce moment ci du crédit de son beau père.
New Jersey.
Dayton. . . . Peu connu; n'ayant d'autre mérite que d'être le fils d'un bon patriote et du bienfaiteur de M. d'Anteroches, ce qui fait présumer qu'il aime les François.
Il se trouve dans cet Etat plusieurs particuliers qu'il nous importe de ménager, parce qu'ils sont nos amis, et qu'ils jouissent d'une grande influence.
[Livingston.] 1. William Livingston, Esq., Gouverneur depuis le commencement de la révolution, très instruit, ferme, patriote, préférant le bien public à sa popularité et ayant souvent exposé sa place pour empêcher la legislature de passer de mauvaises lois. Quoiqu'il ne cesse de fronder le peuple, il est toujours réélu, puisque même ses ennemis conviennent qu'il est un des hommes les plus habiles et les plus vertueux du continent. Il est père de Made Jay et de M. Broc. Livingston. . . .
Pennsylvania.
[Franklin.] Le Dr. Franklin, Président actuel de cet Etat, set trop bien connu pour avoir besoin des éloges que nous lui devons. Il sent, plus que tout autre Américain, que, pour être vraiment patriote, il faut être l'ami de la France. Malheureusement ce philosophe, qui a su braver les foudres du ciel et du Parlement d'Angleterre, ne luttera plus longtems contre les infirmités de l'âge. Nous devons regretter que l'immortalité n'appartienne qu'à son nom et a ses écrits.
[Mifflin.] Tho. Mifflin. Ci devant Gal., Président du Congrès, orateur de l'assemblée, etc. Ami déclaré et éprouvé de la France. Très populaire et maniant avec une facilité étonnante le monstre à cent têtes apellé peuple. Bon avocat, bon officier, bon patriote, et d'une société agréable. Faisant bien tout se qu'il entreprend, par ce qu'il tient de la nature et qu'il ne peut que gagner en se montrant tel qu'il est.
[R. Morris.] Rob. Morris. Surintendant des Finances pendant la guerre, négociant très puissant dans son Etat. Devant tout à sa bonne tête et à son expérience, peu à l'étude. Il s'est un peu refroidi sur le compte de la France depuis que M. de Marbois a pris avec tant de chaleur le parti de M. Hotker et qu'on a désapprouvé son contrat avec la ferme. Il sera cependant facile de la gagner par de bons procédés. C'est un homme du plus grand poids et dont l'amitié ne sauroit nous être indifférente.
[G. Morris.] Gouv. Morris. Citoyen de l'Etat de New York, mais toujours en relation avec M. Rob. Morris et ayant représenté plusieurs fois la Pennsylvanie. Avocat célébre; une des têtes les mieux organisées du continent, mais sans moeurs, et, si l'on en croit ses ennemis, sans principes; infiniment intéressant dans le conversation et ayant étudié avec un soin particulier la partie des finances. Il travaille constamment avec M. Rob. Morris. On le craint encore plus ne l'admire, mais peu de gens l'estiment.
[Wilson.] . . . James Wilson. Jurisconsulte distingué. C'est lui qui fut désigné par M. Gerard comme avocat de la nation françoise, place dont on a reconnu depuis l'inutilité. Homme altier, aristocrate intrépide, actif, éloquent, profond, dissimulé, connu sous le nom de James the Caledonian, que ses e[n]nemis lui ont donné. Ayant dérangé sa fortune par de grandes enterprises que les affaires publiques ne lui permettoient pas de suivre. Médiocrement attaché a la France.
[Dickinson.] . . . John Dickinson. Auteur des lettres du fermier de Pensylvanie; homme très riche, étant au co[m]mencement de la révolution du parti anti anglican, sans cependant favoriser l'indépendance, contre laquelle il a même voté publiquement. Il est vieux, foible et sans influence. . . .
Maryland.
[Martin.] . . . M. Luther Martin. Avocat distingué et qui a beaucoup écrti contre les résolutions de la Convention de Philadelphie, dont il a été membre.
Virginie.
James Madison Instruit, sage, modéré, docile, studieux; peut être plus profond que M. Hamilton, mais moins brillant; ami intime de M. Jefferson et sincèrement attaché à la France. Il a été en Congrès fort jeune et il paroit s'être voué particulièrement aux affaires publiques. Il pourra être un jour gouverneur de son Etat, si sa modestie lui permet d'accepter cette place. Il a refusé en dernier lieu celle de président du Congrès. C'est un homme qu'il faut étudier longtemps pour s'en former une idée juste.
[Randolph.] . . . Edmund Randolph, gouverneur actuel, est un des hommes les plus distingués en Amérique par ses talents et son influence; il a cependant perdu une partie de sa considération en s'opposant avec trop de violence à la ratification de la nouvelle Constitution. Il fut membre de Congrès en 1780 et 1781, et à en juger par toutes les difficultés qu'éprouva M. le Chev[alier] de la Luzerne en negociant avec lui notre convention consulaire, nous devons le considérer au moins comme très indifférent sur le compte de la France. Toutes les objections qui se trouvent dans le raport de M. Jay furent faites alors par M. Randolph et le ministre de France ne dut son succès qu'à la modération des autres membres du Committé. . . .
Caroline du Nord.
Hugh Williamson. Médecin et ci-devant Professeur d'astronomie. Bizarre a l'excès, aimant à pérorer, mais parlant avec esprit. Il est difficile de bien connoître son caractère; il est même possible qu'il n'en ait pas; mais son activité lui a donné depuis quelque temps beaucoup d'influence au Congrès. . . .
Carolina du Sud.
[Rutledge.] . . . J. Rutledge. Gouverneur pendant la guerre, membre du Congrès, de la Convention et en général employé dans toutes les grandes occasions. L'homme le plus éloquent, mais le plus fier et le plus impérieux des Etats-Unis. Il tire parti de sa grande influence et de ses co[n]noissances comme Avocat pour ne pas payer ses dettes, qui excèdent de beaucoup sa fortune. Son fils voyage en France pour s'instruire. . . .
Géorgie.
Abrah. Baldwin. Raisonnable et bien intentionné, mais n'ayant jamais en l'occasion de sa distinguer. Le Congrès vient de lui en donner les moyens, en le no[m]mant parmi les Commissaires pour régler ses comptes avec les Etats.
William Few. Sans être un grand génie, il a plus de connoissances que son nom et son extérieur ne paroissent indiquer. Quoique jeune encore, il a été constamment employé pendant la guerre. Ses collègues en ont une bonne opinion Il est très timide et embarassant dans la société, à moins qu'on ne lui parle d'affaires.
[Footnotes as included or written by Farrand]
  • 1 Cette opposition n'est que personelle et ne porte aucunement sur les sentimens politiques. Ces deux antagonistes sont également attachés à leur patrie, à la révolution et à la France, mais Sullivan est l'homme du peuple et Langdon le protégé des gentlemen. L'un a pour lui les gens de la campagne, l'autre les commerçans. Quelque soit le succès de leurs intrigues, la chose publique ne peut jamais y perdre et les principes de gouvernement resteront les mêmes. Dans la société, M. Langdon l'emporte de beaucoup sur son adversaire. Mais il faut voir Sullivan au barreau ou à la tête de la milice.
  • 2 M. Elb. Gerry est un petit homme, très intriguant et rempli de petites finesses, qui jusqu'ici lui ont assés bien réussi. C'est celui de tous les membres du Congrès qui ait été le plus longtems en activité. Il y a acquis une grande co[n]noissance des affaire publiques, dont il tire parti pour so faire valoir auprès de ses concitoyens. En 1782, il fit un assez beau discours dans la législature de Boston pour l'engager à ne pas permettre la ratification de la Convention consulaire. Il affecte d'aimer beaucoup M. le Chev. de La Luzerne, mais on doit se méfier de toutes ses belles protestations. Nous avons généralement très peu d'amis parmi les hommes puisans du Massachusetts, notre commerce ne les intéresse pas et nos pêcheries les gênent. M. Bowdoin, M. King, M. Sam. Adams etc. puisent toutes leurs notions politiques dans les écrits ou dans les conversations de Mrs. Jay et J. Adams. Le peuple en général aime les François, puisqu'il a vu souvent nos flottes et qu'il se souvient des services que nous lui avons rendus.
  • 3 That is, of Benjamin Huntington, of whom it has just been said: "C'est un homme simple dans ses manières, mais sage et infiniment raisonnable; n'ayant jamais suivi aucun parti et voulant le bien sans considérer des motifs personnels. Il nous a souvent donné des preuves d'attachement et de zèle."
  • 4 Les enlèvemens sont plus co[m]muns en Amérique qu'en France, les parens se fâchent d'abord, ils s'attendrissent et se réconcilient au bout de quelques mois. Tout le monde s'intéresse à ces sortes de mariage, puisqu'ils paroissent plus conformes à la première impulsion de la nature.
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    Date

    1787

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